Le végétalisme

Nous recevons du directeur du Sanatorium “Monte Verità” (Ascona, Suisse), la lettre suivante: Monsiuet le rédacteur en chef di journal “La Meuse”, à Liége. On me communique un article paru dans votre numéro du 17 juin 1907 intitulé “Le divorce d’un archiduc” et par lequel mon établissement est gravement discrédité. Il y est dit.

1. Que MMe Woelfling se mit à suivre, avec une extrême rigueur, la mode végétarienne, telle qu’elle règne à l’établissement d’Ascona.

Em réalité, Mme Woelfling n’a jamais mis les pieds dans mon établissement et je ne la connais pas. Il y a, en dehors de mon sanatorium, à Ascona et dans ses environs, une vingtaine des végétariens appartenant à toutes les classes de la société. Parmis ceux-ci trois ou quatre sont extrêmement pauvre et leut toilette et en conséquence. Deut ou trois autres sont, en effet, très fanatiques, et il est vrai que M. et Mme Woelfling ont passé quelques semaines chez l’un de ceux-ci il y a une couple d’années; mais les extravgances de ces deux ou trois fanatiques, exaltés encore par leur guérison obtenue par la cure végétalienne, ne constitue pas la mode des Végétariens d’Ascona; parmi lesquels se trouvent des gens du meilleur monde.

2. Que les fidèles ne ptorz comme tout vêtement, qu’un voile indispensable.

Je ne tolèrerais jaimas celas. Mes malades et mes pensionnaires prennent des bains d’air et des bains de soleil dans deux grands parcs bien clos, pour s’endurcir et se fortifier, comme on prends des bains de mer et comme cela se passe de tout les sanatoriums végétariens (je pourrais vous en citer plus de 200 en Europe). En dehors des bains d’air, je recommande à mes pensionnaires des vêtements poreux, aux dames d’abandonner leur corset, de marcher en sandales et souvent pieds nus à la Kneipp, aux messieures d’echanger leurs chemises empesées por des chemises de sport.

3. Qu’ils ne se nourissent que de racines et de fruits crus; les légumes cuits sont interdits.

En réalité, je ne’exclus de l’alimentation que la viande, les produits de provenance animale, les boissons alcooliques, le café, le thé, parce qu’ils contiennent des toxiques. Les menus, dans mon établissement, se composent: de fruits oléagineux, des fruits secs, des fruits frais, des compotes, des confitures, des salades, des légumes “cuits”, des farineux cuits, des poudings, des crêmes d’amandes et des noisettes, des pains divers, des biscottes; commes boissons, des limonades, des jus de fruits, du cacao. Au reste, je fait imprimer en ce moment un livre de cuisine. qui contiendra, environ 300 recettes végetaliennes qui doivent suffir à éviter tout monotonie dans les repas de mes pensionnaires, qui, grâce à ce grand choix, s’habituent très facilement au végetalisme et préfèrent bientôt à la nourriture mixte.

4. Que les hommes doivent laisser pousser démesurément leur barbe et leur cheveux.

En réalite, il y a n’aucune règle à ce sujet dans mon établissement: chacun est libre de porter ses cheveux et sa barbe comme il veut; il y en tout 3 ou 4 personnes à Ascona qui portent les cheveux longs, tous les autres végétaliens les font tailler.

Je m’adresse à votre courtoisie et à votre imparlité pour vous prier d’insérer ces rectifications dans votre prochain numéro et vou prie d’agréer, Monsieut, avec mes remerciements anticipés, l’assurance de ma parfaite considération.

L. Oedenkoven-Hofman

La Meuse, 52. Jahrg., 9. Juli 1907, Nr. 318, S. 2. Online